Le rapport « Leçons tardives d’avertissements précoces : science, précaution, innovation », publié le 23 janvier par l’Agence européenne de l’environnement, fourmille d’exemples montrant par quels enchaînements ou par quels manquements des alertes pour la santé humaine et pour l’environnement causées par de nouveaux produits commerciaux ont été négligées pendant des années par les décideurs industriels et politiques. Au-delà du « comment », l’un de ses chapitres s’intéresse à la question du « pourquoi », et notamment : « Pourquoi le monde des affaires ne réagit-il pas avec précaution aux avertissements précoces ? ». A-t-il des motifs rationnels et non rationnels d’agir ainsi ? Deux spécialistes de l’éthique de la décision, Marc Le Menestrel et Julian Rode, livrent une analyse qui sort des sentiers battus, d’autant qu’elle comporte quelques pistes à suivre pour que la question puisse prendre progressivement une forme positive.