Favoriser la contribution citoyenne aux choix scientifiques et techniques
Engagements
Catégories
![]()
Impliquer les citoyens et les élus dans la transition énergétique
Christel Sauvage , le 14 Juin 2012 dans Engagements
Â
Passer du modèle centralisé de production d’énergie, qui n'est plus tenable, à un mode plus proche des besoins nécessite d'impliquer citoyens et élus. Des collectifs ont commencé de le faire. Ces initiatives ont besoin d'être soutenues au plan méthodologique et financier.
Le modèle centralisé de production d’énergie, dominé par des centrales électriques de plusieurs centaines de mégawatts utilisant les sources d'énergie de stock (charbon, pétrole, gaz naturel, uranium), n’est aujourd’hui plus tenable. A cela, plusieurs raisons majeures.
Â
Ces sources d’énergie, au premier chef le pétrole, ne sont pas renouvelables et ne seront pas suffisantes pour répondre aux besoins mondiaux à l’horizon 2050, notamment ceux des pays émergents et en développement. En second lieu, le risque d’accident nucléaire, confirmé par la catastrophe de Fukushima de mai 2011, les risques environnementaux et sanitaires liés aux déchets nucléaires et aux pollutions de l’air, des sols et de l’eau que causent l’exploration et la production d’énergies de stock sont devenus inacceptables pour les populations. Enfin, le changement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre (GES) impose de réduire de façon draconienne l'utilisation des combustibles fossiles. Il s’agit là d’une condition impérative pour respecter l’objectif européen visant à réduire de 20 % nos émissions de GES d'ici 2020, par rapport à celles observées en 1990.
Â
Des citoyens et des élus
Ajoutons une raison sociale et politique, primordiale pour les pays démocratiques : les politiques centralisées de l’énergie détournent la population de ces enjeux, les citoyens étant réduits au rôle de consommateurs, et désengagent de trop nombreuses collectivités territoriales, cantonnées à la passivité énergétique. C’est pourtant là , au niveau local et régional, que se joue la réussite d’une transition énergétique durable. L’implication citoyenne et des collectivités apparaît incontournable.
Â
Plusieurs mesures doivent être mises en œuvre. Tout d’abord, des mesures de réduction de la consommation d'énergie, dont l'électricité, par la sobriété et l'efficacité : une action sur les différents usages de l’énergie, pour privilégier les plus utiles et supprimer les plus nuisibles ; et une affirmation des choix techniques qui permettent, en remontant de l’utilisation jusqu’à la production, d’agir sur la quantité d’énergie nécessaire pour satisfaire un service donné, le chauffage d’un immeuble par exemple.
Â
Second type de mesures, la production d’énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse, petit hydraulique) doit croître selon un mode de production proche des besoins, en intégrant une politique volontariste de maîtrise des consommations.
Â
Expériences réussies
Est-ce si compliqué d’impliquer les citoyens et les élus ? Clairement, non, et plusieurs expériences à l’étranger et en France le démontrent. Dans plusieurs régions, des collectifs de citoyens se sont formés afin de mutualiser les moyens de production d’énergie renouvelable (Club Cigales en Bretagne, coopératives ailleurs…) ; des collectivités locales se sont engagées dans la transition énergétique à l’exemple du Syndicat intercommunal d’électricité et d’équipement de la Vienne (SIEEDV), actionnaire de la société SERGIES, ou de la commune de Foussemagne dans le Territoire de Belfort ; des entreprises agricoles ou industrielles, telle la ferme Giraud à Saint-Cyr-les-Vignes, au Nord de Saint-Etienne (voir la photo), suivent le même chemin avec l’assistance d’associations ou d’entreprises spécialisées. Des fournisseurs coopératifs d'électricité 100 % renouvelable apparaissent, comme Enercoop en France ou Ecopower en Belgique.
Â
Depuis 2011, la ferme Giraud, près de Saint-Etienne, dispose d’un toit photovoltaïque de 1 800 m². Innovation pionnière en France, la chaleur solaire qui s’accumule sous les panneaux photovoltaïques est aspirée pour sécher le stock de fourrage vert de la ferme. © Energie Partagée
Cependant, ces initiatives locales pionnières ont besoin d’être soutenues tant sur le plan méthodologique que financier. C’est dans cet esprit qu’a été créé en juin 2010 le mouvement Energie partagée. Cette organisation nationale, fondée par des professionnels des énergies renouvelables et de la finance solidaire, assiste et conseille les citoyens et les élus qui souhaitent s'associer pour produire de l'électricité via des panneaux photovoltaïques ou des éoliennes, produire leur chauffage, ou encore, qui veulent mettre en œuvre un projet d'efficacité énergétique. Grâce à un fonds ouvert à l'investissement citoyen, agréé par l’Autorité des marchés financiers (visa AMF n° 11-417 du 19 septembre 2011), le mouvement Energie partagée offre à chacun d’entre nous la possibilité d'investir à partir de 100 euros dans un projet citoyen de production énergétique, et d’être ainsi acteur de sa réalisation.
Â
Se réapproprier la production d’énergie
Soutenue par le mouvement Energie partagée, l’association Vendanges d'énergie citoyenne, à Villefranche-sur-Saône, va installer cet été des panneaux photovoltaïques sur le toit d'une école primaire. Pour l'équipe pédagogique, comme pour les élèves de l'école, c'est l'occasion d'aborder concrètement le sujet de l'énergie, de sa rareté et de l'importance de l'économiser. Dans le Morbihan, le parc éolien citoyen de Béganne, près de Redon, sera constitué de quatre éoliennes de 2 mégawatts chacune : il associe plus de 200 riverains réunis dans l’association éolienne en Pays de Vilaine (EPV) et des dizaines de clubs Cigales.
Â
L’appropriation citoyenne et territoriale de l’énergie a des conséquences socio-économiques extrêmement positives : elle est à l’origine de nouveaux emplois locaux et pérennes dans le secteur énergétique ; elle conduit à donner à l’énergie un prix au plus près de ses coûts de production, ce qui contribue à lutter contre les pratiques spéculatives du marché et la précarité énergétique ; enfin, elle permet d’orienter collectivement l’utilisation des bénéfices dégagés et de les réinvestir en faveur du développement d’une production répondant aux défis environnementaux.
Â
Christel Sauvage, présidente de l'association Energie partagée
Â
Energie partagéehttp://www.energie-partagee.org/ |



Commentaires
http://www.levarne.lautre.net/spip.php?rubrique4
Puis nous allons créer ce mois de juillet 2012 une Coopérative Bourgogne Énergies Citoyennes pour essaimer et s'organiser sur notre région.
http://yonne.lautre.net/spip.php?article5389
Agissons ici et maintenant!
Pascal PAquin, administrateur du Varne
Energy Cities vient de publier un cahier de "30 propositions pour la transition énergétiques des territoires" qui couvre les 5 domaines clé suivants :
- Renforcer les capacités d’action locale
- Connaître les ressources et les flux de son territoire
- Repenser la question financière
- Inventer une nouvelle gouvernance locale
- Aménager le territoire pour réduire les consommations énergétiques.
Ces propositions s’appuient sur des approches innovantes, idées neuves et pratiques de terrain qui changent la donne. Elles offrent des réponses concrètes et relient l’action d’aujourd’hui à la vision à long terme de la ville à basse consommation d’énergie et à haute qualité de vie pour tous.
Ces propositions seront portées par nos élus à Rio+20, sous la forme d'une déclaration officielle (faite lors de notre dernier Rendez-vous annuel à Guimaraes) et par la présence à Rio de Eckart Würzner, Maire d’Heidelberg et Président d’Energy Cities, et de Evelyne Huytebroeck, Ministre de la Région de Bruxelles-Capitale et Vice-Présidente d’Energy Cities.
Plus d'information : vidéo de présentation, accès au cahier (PDF et wiki), texte de la déclaration : http://www.energy-cities.eu/spip.php?page=article&id_article=2840
A diffuser dans vos réseaux !
Merci
Blandine Pidoux
www.energy-cities.eu
je suis actionnaire d'Energie Partagée, parce ce que je pense qu'il faut que cesse la spoliation de ce bien commun qu'est l'énergie. Pourquoi en Belgique, en Allemagne... les dizaines de coopératives de productions vertes existent, et pas ou peu en France ?
A nous de jouer.
Investissons !