Favoriser la contribution citoyenne aux choix scientifiques et techniques
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Neurosciences & santé mentale
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Les explorations du cerveau, la compréhension de certaines pathologies mentales et de leurs causes, le développement de solutions thérapeutiques ou palliatives ont de nombreux effets dans nos sociétés. Elles induisent des choix face aux enfants hyperactifs, aux personnes âgées atteints par la maladie d’Alzheimer. Si l’utilisation des neurosciences pour diagnostiquer, catégoriser, soigner, cataloguer, ou améliorer est de plus en plus fréquente, il apparaît nécessaire d’expliciter leurs conséquences humaines et sociales. VivAgora a voulu consacrer un cycle de débats en 2007, sur les enjeux des neurosciences, car ces derniers ne sont pas anecdotiques : la France est championne dans sa consommation d’antidépresseurs. Les catégories entre normalité et pathologie sont constamment interrogées notamment face à l’autisme, avec en filigrane la question : jusqu’à quel point faut-il médicaliser les comportements ? Alors que le DSM, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, s’impose de plus en plus pour catégoriser et diagnostiquer nos détresses banales et quotidiennes… Les neurosciences et les images qu’elles produisent interviennent donc fortement sur les représentations que nous nous faisons de la maladie mentale, du fonctionnement du cerveau, de l’augmentation des capacités (par le recours à des drogues ou des implants). |
Concertation – Débats publics
• Cycle 2007 : Cerveau et santé mentale : une cause politique ?
Ce cycle de six débats sur les neurosciences s’est situé dans la droite ligne des échanges européens réalisés dans le cadre du processus Meeting of Mind (2005-2006).
Il s’est déroulé du 8 février au 31 mai 2007 à la mairie du 2eme arrondissement de Paris, avec le soutien du Ministère de la recherche et des nouvelles technologies.
Le cerveau, longtemps resté « boite noire » est aujourd’hui scruté par des machines qui donnent à « voir son fonctionnement ». On connaît d emieux en mieux ses « rouages » génétiques, chimiques ou électriques. Mais, est-ce à dire que nous comprenons tout désormais de nos aptitudes, nos émotions ou nos maladies mentales ? Sommes nous mieux capables de soigner les souffrances psychiques ?
Deux séries de questions ont été creusées :
- Nos comportements, nos décisions peuvent-ils être décortiqués telles des mécaniques biologiques ? Les outils diagnostiques aident-ils à prédire les troubles psychiques, leur cause, leur évolution, ou les réponses aux traitements ?
- La « manipulation » des cerveaux et des comportements par des drogues de l’humeur, de la mémoire, de l’éveil, par des implants cérébraux ou des greffes de cellules pourrait-elle devenir une pratique courante ? Pour le meilleur ou pour le pire ? Au final, que peut-on attendre des neurosciences ? Quels sont leurs sujets et leurs limites ? Quels usages fait-on de leurs outils en matière sociale et politique ? Comment articuler le biologique et le social dans une approche globale du bien-être mental ?
Les échanges ont permis de dégager quatre axes de vigilance : ré-équilibrer les investissements en neurosciences et en psychosciences ; placer la recherche davantage a service des malades que de la performance ; questionner les pathologies du « système social » ; construire collectivement les choix en matière de santé psychique.
Information
• La Banque des savoirs de l’Essonne a réalisé deux interviews dans le cadre du cycle Neurosciences de Vivagora
Expertise
• VivAgora a été auditionnée dans le cadre du rapport de l’OPECST sur les neurosciences le 26 mars 2008 par les députés Alain Claeys et Jean-Sébastien Vialatte. Dorothée Benoit Browaeys, Déléguée générale de VivAgora, a présenté le cycle de débats “Cerveau et santé mentale” mené en 2007 et les axes de vigilance retenus en clôture (Voir sa présentation). Elle a souligné l’importance d’espaces de dialogue pour prendre la mesure des besoins sociaux et interroger les priorités financières et les modes de gouvernance.
Lors de cette audition publique quinze spécialistes ont présenté leur connaissances et évaluations des problèmes dans ce domaine en vue de préparer des régulations, voir des adaptations législatives concernant les usages et impacts sur les comportements des neuro-technologies dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique de 2004.



