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L’expertise censée guider l’action publique est de plus en plus contestée (OGM, climat, Médiator… ) à la fois parce que le jugement des experts est perçu comme partial et partiel mais surtout parce que les processus d’examen sont formatés de manière telle qu’ils empêchent de traiter des vraies questions politiques.
Dans le rapport préparatoire du groupe de travail « Démocratiser l'expertise » du livre blanc sur la gouvernance de 2001, l’Union européenne recommande de mettre en oeuvre trois exigences : rendre des comptes (res-pondere), être pluraliste, être intègre. Le rapport souligne un point capital : l’expertise est une « affaire politique » au sens où elle constitue un processus technique et social complexe qui ne peut être confondu avec la « technocratie éclairée ». Cela implique de renoncer à une prétendue neutralité technologique. Toute innovation porte en elle des valeurs et des aspirations.
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L’horizon de ce « changement de culture » est de pouvoir placer l’investigation des experts sur un terrain social pertinent en lien avec les choix à faire. L’implication en amont de l’expertise d’acteurs usagers ou citoyens vise à inclure des questionnements souvent non considérés. Elle peut permettre la déstabilisation des cadres cognitifs et normatifs des acteurs et le renouvellement du cadrage problématique selon trois priorités :
- Faciliter l’appropriation des informations (montée en compétence) par les citoyens : traduction des données et mise en forme/ élaboration de questionnements sociétaux (bien commun, risque acceptable, utilité, dilemme…) ;
- Rendre visible les accords et désaccords entre parties prenantes (argumentations, acculturation réciproque) ;
- Valoriser l’expression des vigilances et clarifier les légitimités de chacun des acteurs ;
- Par cette redistribution des rôles et la revalorisation des dimensions sociétales de l’expertise, on peut remédier à la fois à l’épuisement des contre-pouvoirs, la dissymétrie de l’information, la protection des lanceurs d’alerte… C’est une approche qui conçoit la controverse comme ferment de l’innovation.
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Dans ce cadre VivAgora a réalisé en 2010-2011 l’expérimentation COEXNANO. Ce processus a permis de repérer les conditions d’une contribution des diverses parties prenantes selon une grille d’indicateurs.