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Quatre bonnes raisons de limiter l’installation d’antennes relais
Michèle Rivasi , le 27 Novembre 2008 dans Engagements
Des discussions sont en cours entre la mairie de Valence et les opérateurs de téléphonie mobile sur l’installation de nouvelles antennes relais. Michèle Rivasi, ajointe au maire de Valence, explique les enjeux de cette négociation.
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Les opérateurs viennent régulièrement voir les élus, pour installer de nouvelles antennes de téléphonie mobiles, dont l’UMTS (pour Universal Mobile Telecommunications System, une des technologies de téléphonie mobile de troisième génération donnant notamment l’accès à l’internet et à la télévision mobile).
A Valence, pour l’instant, la mairie refuse ces installations, car les opérateurs ne veulent pas déplacer les antennes qui sont actuellement à proximité des écoles et des crèches. Nous leur proposons une négociation : déplacement des antennes contre de nouvelles implantations négociées avec les élus et les riverains. Mais « la beauté du consensus » selon Gandhi n’est pas rentrée dans les mœurs de ce lobby tout puissant. Si nous ne parvenons pas à un accord, nous prendrons alors un arrêté interdisant l’installation d’antennes-relais à moins de cent mètres des écoles.
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Le Conseil d’Etat a estimé récemment que la téléphonie mobile était un service public, et qu’en conséquence le principe de précaution ne pouvait pas s’appliquer. Cette décision est pour le moins arbitraire ! Pour ma part en tant qu’élue, j’ai au moins quatre bonnes raisons d’appliquer au contraire ce principe de précaution : la première, c’est qu’il est depuis février 2005 inscrit dans la Constitution ; la seconde, c’est que le rapport Bioinitiative publié en 2007 par l’Agence européenne de l’environnement (AEA) et qui compile 1 500 études internationales est très clair sur le sujet. Il en ressort que les champs électromagnétiques ont des effets avérés sur la santé (neurologiques, hormonaux, génotoxiques, etc).
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Des valeurs limites plus exigeantes
C’est notamment ce rapport qui a amené le Parlement européen (troisième raison), dans sa résolution du 4 septembre 2008 (sur l’évaluation à mi-parcours du plan d’action européen en matière d’environnement et de santé 2004-2010), à demander aux Etats de fixer des valeurs limites d’exposition plus exigeantes pour l’ensemble des équipements émetteurs d’ondes électromagnétiques dans les fréquences entre 0,1 MHz et 300 GHz. Actuellement pour la France ces valeurs limites sont si élevées (voir encadré) que c’est comme si on autorisait les automobilistes à rouler à 600km/h sur autoroute ! Alors que dans d’autres pays comme la Belgique et l’Autriche elles sont bien plus basses (respectivement 3 et 0,6 volts pour une antenne GSM 900).
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Valeurs limites d’exposition en FrancePour les radiofréquences, les valeurs limites d’exposition sont imposées par le décret N° 2002-775 du 3 mai 2002. Pour une station de base de téléphonie mobile, l’ensemble du corps est exposé. Le paramètre de mesure est le niveau du champ électrique. Les valeurs limites à ne pas dépasser sont : Source : Ineris |
Quatrième raison, ces antennes constituent un trouble à l’ordre public puisque de plus en plus de particuliers en sont gênés. La justice elle même en a jugé ainsi : le 18 septembre 2008 le tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) a condamné Bouygues Telecom à démonter une antenne-relais dans une commune de la banlieue lyonnaise (à Tassin-La-demi-Lune), donnant ainsi raison à des particuliers qui avaient porté plainte. Ce tribunal a argumenté son appréciation dans ces termes «Le risque de troubles (...) est lui certain puisqu’il n’est pas contesté que les autorités compétentes en la matière, tant internationales que françaises, préconisent de faire application d’un principe de précaution».
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En fonction de toutes ces données, je ne peux pas dire que « je ne sais pas ». En tant que maire ajointe, je dois donc appliquer ce principe de précaution. Je ne suis pas hostile par principe à la téléphonie mobile, mais il existe des moyens simples pour limiter son exposition, que nous avons d’ailleurs listé sur le site du Centre de Recherche et d’Information Indépendantes sur les Rayonnements Electro-Magnétiques.
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Pourtant, les opérateurs nous demandent aujourd’hui d’installer des antennes toujours plus puissantes, pour transmettre toujours plus de données. Ils mettent en avant le fait que les utilisateurs pourront par exemple regarder un match de foot sur leur téléphone portable, comme s’il s’agissait là d’un intérêt supérieur à celui de leur santé.
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Mais je note que ces opérateurs font preuve d’un réel mépris vis-a-vis du positionnement des élus sur ce sujet. Un vrai rapport de force se joue en ce moment, entre les élus, la société civile, et les opérateurs. Ce n’est pas un hasard si les résultats de l’enquête Interphone, qui devaient être publiés en 2003, ne sont toujours pas officiellement publiés. D’importants intérêts économiques et politiques sont en jeu.
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Michèle Rivasi, ajointe au maire de Valence et fondatrice du Criirem
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